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Équilibre du sapin

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Le chat noir a Noël réfléchit sans malice Ressasse les instants qui l'ont armé griffu Son fol éclat d'antan peut sembler moins touffu, Il semble délesté de fourrure et de vices. S'il a quitté longtemps sa féline fratrie Il n'a point oublié le chemin du retour ; Les lynx et les renards, la neige et ses contours Désormais, ce jardin est un peu sa patrie. Pour sa prochaine vie, quoi rêver à présent ? De vieilles retrouvailles, rien de trop reluisant Tout ça peut bien tenir dans un destin de chat Et s'il reste du thon dans le monde prochain, Il sera monnayable, (nous en sommes certains) : Et le temps sera pris pour un prochain achat.

Éveil

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On s'y sent protégés et l'on vit les saisons Chacune, pleinement - au chalet des Ormeaux Les pins rendent l'air frais quand Phébus, au plus haut, Offre, sur le Québec, une chaude illusion La route est aux renards et l'air est aux oiseaux Le jardin, seul, grandit pendant que nous dormons. Ici : pas de réseau, seulement quelques monts Qui, narcissiquement, se contemplent dans l'eau. Et quand, soudainement, dans un moment d'éveil Nos regards s'entrecroisent avec ceux des merveilles, Nous dissipons les maux dans l'extérieure paix. Les distances s'allongent, et le temps disparaît Les étoiles, au feu, chantent un clair désintérêt Des hommes de Paris, Montréal ou Marseille.

Compagnie

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A ce bon vieil ami qui voulait prendre un chien J'ai confirmé ceci : 'Ils sont plus affectueux Que bien des Felidaes ! Leur pelage est soyeux, C'est pour les gens normaux comme un réflexe ancien. Mais bien plus stratégique apparaît la panthère Et l'on apprends, des chats, quelque philosophie. Là ou une petit os à nos canins suffit, Plus de corps les félins nécessitent, au contraire. Apprends, si tu peux, les paradoxes utiles : - Il faut s'en occuper en les laissant tranquille Apparaître docile autant qu'insaisissable. Au contact des griffes, quelques bleus apparaissent Des effluves feutrés, sous leurs pattes nous laissent Autant une douleur qu'un manque inexorable.''

Fier

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À le voir, on dirait qu'il a fait plusieurs guerres Que c'est un léopard parcourant la vallée La fourrure enrobée, d'un palabre précaire Un volume réduit, un égo déployé. Nous l'observons d'abord comme on voit la télé : ''Amusant, le petit, il pourrait nous distraire''. Puis l'on est pris au jeu, au chaton allié - La grâce d'un Félin ne sait donc se soustraire ? Amis, le chat, pour nous, est l'accessible jungle Accrochés que nous sommes, ainsi que des épingles, Au monde aseptisé de quelques normopathes. Il est tant à calquer de ces nobles félins : Affables plus que fiers - Soumis moins que malins Bipèdes dans l'esprit, marchant a quatre pattes.

Choix

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Dans chaque identité réside une équation Au prémisse altéré de plusieurs variables Il m’apparaît fictif (et très peu résolvable) Qu'une loi, en nos yeux, joignent ces conditions. Bien des complexités se font insaisissables Et le moindre détail est issu d'une action : La liberté, au vent, est une abréviation Des courants, du relief- nous dit un lœss friable. Par ce nœud exigeant qu'on accepta le doute Ce magique ingrédient, qui en saveur ajoute : La cause de tout mot demeure ésotérique. Je ne vois d'autres choix que les joies et colères Que revêt un manteau d'excuses parcellaires Devant l'immensité d'un dessein algébrique.

Philosophie des verres

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L'intime conviction d'une tasse remplie C'est l'ignorance pleine et la foi corrélée Dans l'absolue substance et l'éclat constellé Du vin qui la compose et qui l’enorgueillit La tasse vide, au fond, n'a rien de singulier Son contour qui parait si nu n'est pas pervers Son esprit aéré au monde s'est offert (Quelque peu dévêtue, et bien démaquillée.) Qui saura, parmi nous, la plus comble choisir : Vider de sa substance un rapide désir Ainsi que font les gens qui vivent une fois ? Ou qui démontrera qu'attendre un prochain vers Au seuil de nos mémoires, a si peu recouvert ; Qu'on boit différents vins, au goulot quelquefois.

Troyes

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Il y a quelque mois, je retrouvais ma France  Et la verrai bientôt moins emprunt de chimères  Là, en posant les pieds dans cette véhémence L'on retrouve l'inspir de toutes nos colères À peine distinct de la forêt d'Orient, En passant par Planrupt, et Ceffonds, je verrai Pour la première fois, de Troyes, inexpérient, Cet endroit méconnu où je n'avais erré. Quelle proximité, - Ici jamais n'étions En ces jours fort anciens - y sommes à l'unisson Et chanter avec vous est l'objet du bonheur. En souvenir du temps où la Muse portait Plus de vie que de morts, - tant d'Aulnois ou Nantais, Savons lever le verre, en y versant nos cœurs.