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détour

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Voilà dix ans que j'ai accosté sur ces rives Quittant à peu près tout qui m'aimait, ces jours là Inutile trajet dont la seule dérive Se voulait rencontrer l'humeur que revoilà Par Fortune porté, et toujours exigeant, Ce limon ligérien qui rends l'âme aquarelle Que la ténacité précède l'entregent, Quelque surprise eut lieu, aux émois pulsionnels Par temps clair, je perçois l'origine, et l'escale Mais je reviens souvent en terre ombilicale Sur le trajet, mon cœur est absolument rond Se joignent un miracle, et puis de vieux copains Vous nous verrez à Nantes, après le blanc lapin, Pourquoi ne pas trinquer, dans un mois, environ ?

ce pourquoi

(...) Il est de ces moments où le mouvement humain transperce le velum . On peut entrevoir les causes et les effets, pour un bref instant qui nous glace comme l'amour. Ce pourquoi nous lançons nos mots à tous les vents, ce pourquoi ponctuellement, ils résonnent. Nous nous sommes rencontrés tellement souvent que toute l'ironie de la vie s'est concentrée dans l'oubli. Je me rappelle des concerts privés chez Eric, entre un goûter au chocolat et une partie de Golden Eye. Il nous envoyait des frissons dans l'échine, à coup de Révolutionnaire de Chopin ! Le rythme de ses notes et le mouvement des mains me rappelait, si jeune, à ces enseignements - Que tout n'est pas fragile Et rien ne se sépare
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Karapatte tortue, tu es partie ce soir Avec toi, vingt-cinq ans de mon ancienne vie Car je ne pleure pas, mon sonnet prends l'envie De sombre nostalgie et d'un doux désespoir Terreau de Coletum et larmes de la Loire De cette eau qu'en nageant, nous avions partagé De l'inertique accueil que tu posais, le soir, Que reste-t-il qui jamais, ne fût abrégé ? Le sens, à ton départ, m'est un peu dévoilé La rythmique en nos pertes et l'espéré contours - Peut-être attendais-tu patiemment mon retour ? Quoi que, la vague aussi, bientôt emportera Tout ce qui fût céleste, et nos grands souvenirs Nous nagerons encore en un dernier soupir

vermeil inconnu

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C'est au coucher que j’œuvre à songer au mélange Inopiné, soudain, qui tel un animal Nous surprendra, certain - du bout de nos phalanges Dans un grand contenant aux parois abyssales Sera-t-il au matin, quand nue, l'âme s'éveille Ainsi qu'une tétine aux lèvres affamées ? Sera-t-il pétillant, carmin ou bien vermeil Échauffant, rafraichit, subit, ou réclamé ? Il est question d'amour quand nous levons le verre Et toute les noblesses ont besoin d'un combat - Brandissons la liqueur ainsi qu'un revolver ! Moins timide et frileux qu'au temps du célibat, Sans faillir, approchons de notre estomac nu Et de nos cœurs, confiants, le breuvage inconnu

rodeurs octéiques

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Une rose a grandi en  jardin de regrets L'on chante et l'on sirote sa calligraphie Et si peu jouissiez-vous de ma philosophie Comprenez l'an perdu ainsi qu'un grand progrès- De rôdeurs octéiques, en vérité, si peu Approchent, dans la vie, ces mots que, tant ils soignent Les eaux qui jouxtent nos exterminés compagnes Sont perforés de fards et contrats vaporeux J'entends, dans le lointain, que ces vœux adressés Rejoignent la justesse et cadence fougueuse Du dialogue qu'un an n'aura pas effacé Mais la rose, au jardin est belle quand pleureuse Et son pourpre est ardent dans le reflet des larmes Je la préssens aimée là où penchent ses charmes

témoignage

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Puisqu'un aveux accède aux bonnes retrouvailles Et aux vraies intentions, les douces confidences Que dirait, aux présages, une contrevenance Indubitable et qui, autant que vôtre, vaille ? Je conterai alors qu'on ne fuit pas ce vent Soudant comme le feu les proses étrangères Niant de nos passé les souffrances légères Ces lunes qui remplacent un regard en avant - À la nécessité répondent les cristaux Et si je devais là cristalliser nos faits C'eût été pour ici apposer un véto - Que si mieux nous aimions, point ne serions défaits Et qu'un peu plus croyant,  rien ne serait perdu D'autre qu'une illusion et qu'un malentendu

amuse

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Et si au lieu de l'âme user, nous l'amusions ? Substituons à la prose une assonance osée En musicalité, décimons l'exclusion Le temps d'une réponse en ce rythme, imposée. Nous superposerions nos strates déguisées Et sympathiserions d'harmoniques occultes Hasardant, hésitant, ces notes sclérosées Tant mieux exposeraient nos joies et nos tumultes ! Si la contrainte sert et les mots poétisent, Si l'ami philosophe et l'usurier attisent Une même musique aux célestes azurs C'est qu'en cadence, l'âme use de liberté Isolant la Muse, abusant d'impunité - Car la Veilleuse danse et tournoie en mesure