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estuair

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Je comprends chaque fleuve ainsi qu'une bataille Offrant à chaque bord un pouls effervescent Un rythme envahisseur et ponctué de détails Une force liquide au teint opalescent Je connais cette Loire et ne la connais pas La Meilleraie s'afflige, une crue d'océan Boulverse un paysage et abolit les pas Que nous avions laissé sur le sable ondoyant Mais la crue cénévole et les alpes lointaines Rugissent bien, pourtant, je ne les saisis pas L'abbatiale de Saint-Florent est mon compas Ni même la trop mixte crue que joint ses trois Extrémités, autant qu'un reflet, ne m'émeut Dans le Pagus des Mauges, homogène et brumeux

culinair

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À mes extrémités, larges concupiscences, Mon penchant s'affermit tant pour ses voluptés Calme mon cœur et tends ma phtisique existence - Ainsi, je me consacre aux plats ensorcelés J’emplis mon âme de ces oranais parfums Juxtapose, enivré, à nos philtres mystiques, Un arôme subtil de France sur son sein L’ivresse est absolue – ma naïade d’Afrique ! Le sucré se révèle en cueillant l’héroïne Délicate des lointains rivages sablés Qu'une acadienne glace a doucement gelé... Culinaire harmonie qu'appose ma féline Nos ténèbres salines aimantent une langueur Acrimonieuse et fascinante de saveurs

taotique

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Un souvenir marin, aux nuances pratiques Fît apprécier aux hommes une beauté morale De laquelle surgit une ombre fatidique - Quand le bien apparut, alors naquit le mal L'aisé et l'ardu se créent mutuellement Long et court, réciproquement se donnent forme Le ton de nos discours s'accorde inconsciemment L'avant vient de l'après, et par lui se dénomme Haut et bas montrent ensemble une inégalité De là vient que le saint n'agit qu'en non-agir Fait ses instructions, en silence, consister Au mouvement des uns ne traîne à réagir Il les produit et ne se les approprie pas Les perfectionne sans jamais compter le dire Et réponds à l'opprobre en y étant conjoint Ne pense à ses mérites à l'heure du trépas À l'heure de sa mort, ne s'y attache pas Et c'est pourquoi, en fait, ils ne le quittent point

l'ami

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Au meilleur de mes jours, j'aurai eu trois amis Qu'un contours vaporeux empêche de compter Un triptyque en valeur, plus riche que permis Dont l'éclat, chaque oubli, n'a bien su qu'affronter Ceux dont l'amble flexible ont bien pu s'accorder Aux égards indomptés des fortes bigarrures Nous, qu'un reclus sommet avons escaladé Partageons en fierté la féline nature ! Il n'en est aucun autre, aussi savant chimiste Redouté, je l'ai vu, de Satan trismégiste c'est ainsi que tes anges utilisent mes mots De mérite, je n'ai que cette humble réponse Ma féline est ce don qui jamais ne renonce, Comme, l'un envers l'un, n'abdiquent des jumeaux
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L'on sent toujours avant ce qu'il advient, ensuite - Le très fugace instant ou jaillit notre gloire L'infaillible succès précédent nos déboires L'amorce du produit, dès son idée induite Chaque mort, chaque amour étreint son messager Deviner, d'un parfum, la somme des adieux Dans la brise d'été reconnaître les yeux Qui d'un trop long hiver savent nous soulager Ô, mes douces saisons, je ne vous préssens pas A vos rares instants suis-je un naïf appât Et quand vient le soleil, complète est ma surprise Mon étoile ainsi nait, et je suis ébahi Sait tempérer ce lieu, une étroite abbaye Un continent glacé dont elle s'est éprise

mode et ration

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Modérée, modérée : retenue qui éloigne De tout excès (selon dictionnaire d'usage...) Des génies, ces éclairs qui, de nos esprits, poignent Le centre, tiennent-ils, dans un verre trop sage ? Non, la modération à un bien meilleur goût Quand ne la dilue pas notre faible raison Dans les précieux Aiôns , résistance est dégoût Il faut boire l'instinct et son exhalaison Et si le vin était comparable à l'amour En ce sens qu'on se noie à les aimer, toujours, Faudrait-il retenue, ou s'y laisser mourir ? La morale est est un diable au conscencus étroit Et vivre est analogue au liquoreux détroit Qui nous apprends à être et ne plus retenir

échos

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Ô Féline, tes mots, qu'entonnent tes mignonnes Lèvres, à mon seul endroit, génèrent un frisson Ainsi que ton âme, à la mienne compagnonne Fait scintiller mes yeux autant qu'un nourrisson* Car tous mes déficits ont trouvé leurs échos Dans tous les excédents dont nature t'a doué : Pour tant se compléter, il faut être ex-æquo Identique, complice, épris et puis variés Que pourrais-je à présent, qu'approche ta venue Aimer plus que la vie que je vis à présent ? Un subtil élément nous à tant soutenu Deviner tant d'émois m'était insuffisant Je ne fus assouvi qu'en étant ta moitié : Qu'en joignant ton mystère et mon noble sentier * Un jeune chaton